Quand la guerre en Ukraine et la crise climatique s’entrechoquent.

La guerre en Ukraine place l’Europe dans une situation impossible. A l’unisson des 27 pays qui la composent, elle voudrait prendre des mesures contre Poutine et tandis qu’elle adopte des postures un brin menaçantes, elle continue d’acheter à la Russie des quantités pharaoniques de gaz pour les industries ou pour les citoyens qui se chauffent.

A-t-on vraiment une alternative ?

L’Algérie nous propose de nous fournir ce gaz indispensable, mais elle ne peut pas couvrir les besoins de l’Autriche, de l’Allemagne et de la France réunies, en outre, son prix n’est pas gratuit, loin s’en faut.

Certes, La France est l’un des pays les moins gourmands grâce à ses choix énergétiques faits dans les années 70 mais le gaz représente quand même 20% de nos besoins, là où il représente 40% chez nos voisins d’outre Rhin.

La crise climatique et le rapport du GIEC nous rappellent l’urgence absolue qu’il y a à réduire notre empreinte carbone mais nous n’y sommes absolument pas prêts, ni intellectuellement, ni industriellement, ni économiquement.

Qu’on le veuille ou pas, une meilleure autonomie énergétique européenne, offrant aussi une baisse des émissions de CO2, reste l’énergie nucléaire. L’apport massif de panneaux solaires et d’éoliennes, dont les installations dans la nature sont, elles aussi, de plus en plus contestées reste durablement insuffisant. La production de méthanol, aussi vertueuse soit-elle, reste encore très insuffisante et, bien que basée sur une approche écologique, elle aussi largement taxée lors de son utilisation.

L’équation est donc le prix de l’énergie, en particulier celui payé par les utilisateurs finaux. Prenons le cas du gaz puisqu’à très court terme c’est là que la question se pose. Son prix explose et les foyers qui se chauffent avec cette énergie voient sans cesse leur facture augmenter. Ils paient ainsi sur chaque mégawatt-heure 8,44€ de TIGCN (Taxe Intérieure sur la Consommation de Gaz Naturel). En raison de l’inflation spéculative sur le gaz, le budget annuel d’un foyer chauffé au gaz a augmenté en moyenne de près de 60% ces 12 derniers mois, soit environ 650€ !

En 2010, les diverses taxes payées additionnellement au prix d’achat du gaz, quel que soit son pays d’origine, s’élevaient à 4% de la facture. Mais en 2018 elles représentaient 23%, soit 1,41€ par MWh en 2010 contre 8,44€ en 2019.

Les particuliers ne sont plus exonérés de cette taxe intérieure sur la consommation du gaz naturel depuis 2014 (Merci François Hollande !!).

Dans la période d’inflation générale, pourquoi ne pas immédiatement prononcer un moratoire fiscal et ne faire payer aux foyers français que le simple prix d’achat brut sans aucune taxe supplémentaire ? Il y va du pouvoir d’achat des français que l’on devrait appeler plutôt le pouvoir de vivre.

 

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