La politique « quoi qu’il en coûte »

La France préside pour six mois le Conseil de l’Union Européenne. Le Président Macron, toujours pas en campagne officielle, surfe sur la vague et fait feu de tous bois pour intervenir personnellement dans tous les sujets européens, qu’ils soient diplomatiques, comme la crise entre Ukraine, USA et Russie ou qu’ils soient « industrialo-stratégiques » comme la réunion des ministres chargés de l’Espace qui se tiendra à Toulouse ce mercredi 16 février. Pourquoi pas ? Mais à quel prix ?

A Toulouse, ce mercredi, sous prétexte de la venue « en personne » du chef de l’Etat et pendant 12 heures au moins, tout le quartier Arnaud Bernard - Compans Caffarelli sera interdit à toutes formes de circulation, même piétonne. C’est à ce prix que le Préfet de Région et l’Elysée évaluent la sécurité du Président. Les moyens mis en œuvre sont énormes et leurs coûts plutôt exorbitants. Mais était-ce bien nécessaire et justifié ?

On est effectivement en droit de se demander si cette réunion n’aurait pas pu se tenir simplement à Strasbourg, Bruxelles ou Paris. Je sais toute la symbolique de Toulouse dans l’avenir spatial de l’Europe mais il convient quand même de se demander si une telle réunion « en présentiel » à Toulouse, mérite la présence du chef de l’Etat comme une cerise sur le gâteau, accompagnée de ses conséquences sécuritaires et économiques car au fond sa tenue à Toulouse ne change rien.

Les commerçants du marché cristal ont fait leur analyse et ont décidé de se résoudre à une école buissonnière puisqu’ils savent que dans de telles circonstances, c’est plus de 50% de leur chiffre d’affaires qui est perdu.

La politique spectacle atteint là les limites du raisonnable. Pourquoi dépenser autant d’argent public et hypothéquer l’activité économique des commerçants du quartier, sous prétexte de venir au centre Pierre Baudis pour parler de politique spatiale ? Nous aimerions connaître le prix de l'addition.

 

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