Débat Législatives : Notes de préparations de Jacques Rocca
Notes de préparations de Jacques Rocca pour le débat sur France Bleu Occitanie ce 2 juin.

Intro :

Né à Toulouse, je connais bien cette circonscription dans laquelle je vis et je travaille depuis 22 ans ; j’en connais ses forces, notamment l’industrie aéronautique, et j’en connais aussi ses faiblesses, en particulier dans le secteur santé, ma suppléante Stéphanie Lambert, qui a 42 ans, est d’ailleurs infirmière et ce n’est pas un hasard.

J’ai travaillé 4 ans à l’Assemblée nationale et 2 ans au Gouvernement, je sais comment fonctionne ses institutions.

C’est cette expérience et cette connaissance du territoire mais aussi l’urgence qu’il y a à agir, qui me poussent à me présenter à ces élections avec l’investiture de l’Alliance centriste.

Cette formation politique centriste prône des valeurs humanistes et sociales. Si elle soutient l’orientation politique proposé par le Président de la République, nous voulons que sa mise en œuvre à l’Assemblée nationale soit ambitieuse pour les françaises et les français et qu’elle soit faite avec bon sens.

Nous ne voulons ni d’une politique de lutte des classes, proposée par Jean Luc Mélenchon, ni d’une politique à petits pas et petits chèques. Voilà pourquoi, l’Alliance Centriste a investi en France, 82 candidats à ces élections législatives.

Au groupe centriste de l’Assemblée nationale, nous serons l’aiguillon du Gouvernement pour que les textes proposés au vote puissent être débattus comme il se doit et amender si nécessaire.

Mon expérience me le permettra.

Aéronautique

C’est le cœur de cette circonscription avec 25000 emplois à Toulouse, ce qui représente plus de 100.000 emplois dans la filière dans la région.

Airbus distribue plus de 1 milliard d’euros de salaires à Toulouse ; fragiliser cette société, c’est détruire l’économie toulousaine.

Toulouse ne s’est pas rendue compte de sa chance car, lorsque la crise des années 80 a frappé beaucoup de communes en France, Airbus commençait progressivement à croître et gagner des parts de marché, son développement enrichissait Toulouse. Aujourd’hui Airbus, entreprise européenne, est le leader mondial de l’aviation civile, c’est ce qui fait la force économique de cette région.

Dans cette industrie, à Toulouse il y a 4 urgences :

-  Soutenir et accélérer la décarbonation du transport aérien. C’est une industrie dont les échelles de temps sont longues entre le lancement industriel d’avion moins polluant et son arrivée dans les compagnies aériennes. Le soutien à cette industrie innovante est primordial.

N’oublions jamais qu’Airbus, Safran, Thales et Dassault ont fait des progrès énormes en matière de réduction d’emprunte carbone parce que la rentabilité de cette industrie les y pousse. Il faut continuer et non les fragiliser sinon ce seront les chinois et les américains qui reprendront ces marchés, Toulouse a tout à y perdre.

-  La 2e urgence repose sur le renforcement de la sous-traitance, souvent fragile, souvent sous-capitalisée par rapport aux investissements qu’elle doit faire. En complément de la BPI et du fond ACE Capital, les mesures permettant de consolider les fonds propres sont essentielles, ainsi que le raccourcissement des délais de paiement des grands donneurs d’ordres.

-  La 3e c’est la politique salariale. Ce n’est pas le plus mauvais secteur en matière de salaires mais nous renforcerons la loi sur la participation et l’intéressement et mettrons en place le dividende salarial proposé par Thibaud Lanxade, car c’est le moyen de réconcilier la rémunération du capital et du travail. N’oublions jamais qu’une entreprise n’est rien sans ses salariés.

-  Enfin la 4e mesure est celle liée à l’impact environnemental sur les riverains. Je parle du bruit. Mais je leur dirais que la confusion qu’ils font entre les industriels et le trafic de l’aéroport empêche toute discussion constructive. Or il y a des solutions pour réduire le bruit à Toulouse si l’on optimise davantage la gestion des pistes, et si on évite d’ouvrir de nouvelles liaisons la nuit. Et les maires doivent cesser de délivrer des permis de construire dans les zones d’exposition au bruit. Ce sera -au passage- un bon moyen de lutter contre l’artificialisation des sols.

Santé

Des années – peut-être 15 ans – que le problème s’aggrave et le COVID n’a fait que mettre sous les projecteurs une situation déplorable : 200.000 postes sont à pourvoir. Le pronostic vital de notre système de santé est engagé. Cessons de faire la distinction entre service public ou privé, la crise est systémique, elle n’est pas conjoncturelle. Il n’y a pas assez de médecins et la suppression du numérus clausus est totalement insuffisante pour régler le problème.

Manque de formateurs dans les CHU → pas assez de médecins à l’hôpital comme en ville → saturation des urgences

A l’hôpital le manque de personnels touche 14 CHU sur 32 en France.

Les conventions qui permettent au secteur privé de former des médecins ou des infirmiers sont à revoir pour accroitre massivement le nombre de ces qualifications de médecins urgentistes et de personnels hospitaliers et les salaires doivent suivre. Une infirmière qui fait une garde de nuit touche 12€ de plus que si elle travaille de jour.

Mais les mesures à mettre en place doivent être incitatives, il faut un accord gagnant / gagnant entre le public et le privé.

Le Ségur de la Santé a injecté 19 milliards d’euros et a consolidé 15.000 recrutements mais en définitive, cela reste insuffisant : 183 euros de plus par mois.

Le système de rémunération des actes est aussi à revoir, une injection vaccin COVID 5 € pour l’infirmière 12€ pour le pharmacien 25€ pour le médecin, c’est ridicule.

École

Là où l’on parle d’éducation, on devrait parler d’enseignement. Les professeurs ne sont pas là pour apprendre les règles élémentaires de politesse et de respect aux enfants et aux adolescents, c’est aux familles de le faire et de respecter l’école de la République.

Si l’on juge que le niveau scolaire global se dégrade interrogeons-nous sur la manière dont l’école a changé depuis 30 ans. Les classes comptaient parfois 40 élèves mais ils étaient plus respectueux et concentrés sur leur enseignement.

Pour faire face à des classes turbulentes, les jeunes enseignants doivent être davantage accompagnés, épaulés par des collègues déjà expérimentés.

Je suis favorable à ce qu’un enfant redouble tant qu’il n’a pas les bases requises pour changer de classe, je suis favorable à ce que l’on réforme les programmes mais il faut le faire avec les enseignants et pas contre eux.

Au-delà de l’école, saluons les résultats du gouvernement sur l’apprentissage qui a quasiment doublé à plus de 700.000 jeunes en 2021. Et les entreprises comprennent enfin l’intérêt qu’elles ont à ne pas recruter des Masters 2 pour des postes de techniciens.

L’Université a besoin de fonds. Les entreprises peuvent alimenter ces besoins si on les incite. Là aussi, sachons intelligemment trouver l’argent privé pour financer des projets d’intérêt public.

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