Un toit pour toi

L’accès au logement est pour bon nombre de nos concitoyens un problème de plus en plus complexe à surmonter. Dans une agglomération comme le Grand Toulouse qui accueille de façon continue près de 15000 nouveaux habitants par an, avec une offre de logements qui ne croît pas dans les mêmes proportions, l’équation s’avère insurmontable.

A cet élément structurel s’ajoute « l’uberisation » croissante du travail, avec ce que ce concept a de plus précaire. Ceci fait qu’il est pour ainsi dire impossible d’obtenir un prêt immobilier, ce qui oblige nombre de nos concitoyens à louer leur logement. Bien sûr tout le monde ne souhaite pas toujours acheter son logement. On peut vouloir ne pas se fixer et pour mille raisons ne pas s’engager pour vingt ans, qui est souvent la durée d’un prêt à l’acquisition d’un logement.

Pour ce qui concerne l’achat, l’offre insuffisante et la demande croissante font monter les prix, rendant pour les familles modestes l’accès à des logements de centre-ville quasi impossible. Du coup l’éloignement rendu obligatoire génère à son tour des dépenses de transports qui viennent encore alourdir les charges. C’est là que le législateur peut jouer son rôle pour faciliter la vie quotidienne.

Un nouveau dispositif, encore timide quant à sa mise en place, mériterait d’être répandu et favorisé : il s’agit du BRS - bail réel solidaire - qui consiste à séparer le coût de l’acquisition foncière et de son amortissement, de celui de l’immeuble. Cette astuce permet d’offrir des biens à des prix significativement plus bas que les prix « libres » du marché. Elle permet par conséquent à des familles plus modestes d’envisager l’acquisition de leur logement dont on sait combien, la retraite venue, ce patrimoine joue pleinement son rôle d’épargne.

Plusieurs sociétés de promotion immobilière commencent à le mettre en œuvre mais il leur faut la participation des communes et d’OFS, Organismes Fonciers Solidaires.

En ce qui concerne la location, les conditions à remplir, les cautions à apporter, sont encore trop souvent dissuasives ou sélectives. Quant aux assurances bailleurs, elles ne jouent pas leur rôle et ne sont pas un critère de « mise à égalité » des dossiers présentés aux propriétaires.

Sur ces deux sujets essentiels pour l’accession au logement, il reste beaucoup à faire et l’Assemblée nationale doit agir car par la loi elle peut accélérer le BRS, accentuer et faciliter la prise en compte des assurances bailleurs et même obliger les banques à ne plus écarter les dossiers de travailleurs précaires. Des solutions existent sans forcément mettre en opposition les intérêts des uns et des autres.

Le logement est un droit. Il y a urgence à favoriser le déploiement de ce dispositif social astucieux qui n’est pas source de coût pour la collectivité.

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